Nicolas Barberon /// François Hadji-Lazaro et Pigalle

À deux pas de Pigalle, un dimanche de Novembre, François Hadji-Lazaro et ses potes de Pigalle avaient décidé de faire un crochet par Paname histoire d’assurer une livrée de Garçons Bouchers à une marmaille survoltée. 2 albums au menu, « Ma tata, mon pingouin, Gérard et les autres » et « Pouët », des chansons où les gamins ne sont pas pris pour des crétins, des morceaux poétiques et rigolos, didactiques et originaux, de l’artisanal, presque du bio, aussi fun pour les parents amateurs du rock alternatif des Garçons Bouchers Originels que pour les mômes déchaînés, galvanisés par le caractère potache du concert.

En ouverture, assis en tailleur dans la fosse avec leurs parents, ou perchés dans les balcons du Trianon, le gang des 5/12 ans avait suivi « Eddy Lagooyatsch Rio Clap Clap Clap », Eddy à la guitare, racontant l’histoire d’une jeune loutre qui doit quitter ses parents, construire sa maison et demander de l’aide autour d’elle. Un spectacle interactif dans lequel les gamins sollicités applaudissent et hurlent pour accompagner ce conte musical, et encourager la petite Rio dans son nouveau chemin de vie. Ils sont donc à fond dès la première partie.
On s’offre une pause, le temps d’aller chercher un peu d’eau et d’assurer les goûters des jeunes affamés : ça court dans tous les coins !

Rapidement, la lumière retombe et François débarque avec ses deux acolytes, une basse (Benoît) et une guitare (Gaël). Ces deux titis de Pigalle vont rythmer ses facéties au fil d’un spectacle truculent, sur une base de rock tonitruant distillé efficacement, entrecoupé de mises en scènes drôlatiques. On enchaîne un tour du monde des instruments avec déguisement, et François Hadji-Lazaro au centre, enfile un kilt écossais informe, une perruque orange, joue du luth chinois, de la flûte et de la cornemuse. Non seulement on rigole bien mais en plus, on apprend plein de choses. Pour preuve, la recette de la Charlotte aux poires, délicatement décortiquée, mais oubliant l’ingrédient principal, les gamins hurlent « la poire » et Pigalle se marre, fait l’imbécile. Pigalle, c’est l’oncle rigolo et bienveillant qui sort ses instruments à la fin du repas de famille pour chanter à la volée des histoires de grands-pères menteurs, de pouets farceurs, de visites au zoo avec les animaux, ou des délicieux « Ma maman, je ne l’aime pas, ma maman, je l’adore ! ». On est encore en train de se bidonner et d’hurler avec les enfants quand Pigalle nous remercie et s’enfuie dans les coulisses. Mais ça serait trop simple. Les parents qui connaissent les garçons veulent aussi leur sucrerie. Vœu exaucé avec « Dans la salle du bar-tabac de la rue des Martyrs », devenue « Cantine de la rue des Martines », avec des paroles allégées pour éviter de choquer les bambins. Une dernière friandise et Pigalle s’estompe, en laissant des mômes et des parents repus, ravis d’aller digérer cette fricassée de sonorités dans le jour finissant d’un dimanche soir apaisant.

– Philippe Audoin –

 

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