Robin Jolly – Nicolas Barberon /// Chelsea Wolfe – A Perfect Circle

En 2005, plutôt que de réviser mon bac, j’étais monté à la capitale pour vivre l’un de mes tous premiers concerts « d’adulte » : la découverte sur scène de A Perfect Circle, dans cette même salle du Zénith. C’est peu dire si, près de 15 ans plus tard, j’étais impatient des retrouvailles…
Voici donc le résumé de cette soirée du 6 décembre 2018 sur les croquis de celui dont le talent n’a d’égal que la pilosité faciale : Nicolas Barberon !

Première partie : Chelsea Wolfe

Le spectacle se fera intégralement dans une « noirceur d’enfer et de nuit sans planète » comme dirait Dante. Le noir total, quoi. Une sombre prêtresse entonne, guitare en bandoulière, des hymnes tristes et éthérés.
Chelsea Wolfe, chanteuse et compositrice américaine, est visiblement réputée pour son mélange des styles – gothique, metal, néo-folk mais aussi électro –, ses sonorités surréalistes et pour sa voix habitée. Personnellement, je dois surtout confesser un relatif ennui et ne vais pas penser tout de suite à me convertir à son culte…

The Big One : A Perfect Circle

Avant que cela ne commence, nous sommes avertis : aucune photo prise avec quelque appareil que ce soit ne sera tolérée pendant le show, sous peine d’exclusion. C’est rude, mais salutaire tant les écrans de smartphones envahissent désormais les concerts… Est-ce une volonté de forcer le public à vivre l’instant ou un simple caprice d’artiste ? On ne saura jamais mais, tant mieux pour nous, rien n’est stipulé concernant les dessins !

Plusieurs plateaux s’élèvent sur différents niveaux. En hauteur, des éclats d’écrans diffusent des formes abstraites et envoûtantes. Au fond, nous observera tout du long ce fameux logo en forme de parenthèse asymétrique. Sur son socle, on voit trôner la silhouette de Maynard James. Comme à son habitude, le chanteur et chef d’orchestre ne se montre pas, restant dans l’ombre par un astucieux jeu de lumières. C’est essentiellement sa voix profonde qui nous portera, sur les prestations de ses acolytes Billy Howerdel (guitare solo), James Iha (clavier et guitare rythmique), Matt Mc Junkins (basse) et Jeff Friedl (batterie).
La setlist qu’ils nous proposent est parmi ce que l’on pouvait attendre de mieux : une synthèse idéale des pièces de leur excellent dernier album, Eat The Elephant, mélangées à leurs – tout aussi excellents – opus précédents. Je retiens cette magnifique version de The Package en guise d’avant-dernier morceau.
Ce n’est pas le genre de concert où l’on saute partout : les zélotes rappellent d’ailleurs méchamment à l’ordre celles et ceux qui le font, parole de témoin. Ici, la musique se ressent, les riffs s’intériorisent comme du metal impressionniste.
Les musiciens sont en place, le set est impeccable, le spectacle somptueux. Tout est parfait. Trop parfait… Car est-ce finalement dans cet absolu, cette « propreté », que réside l’esprit du rock ? Vaste question dont la réponse ne se trouve que, quelque part, dans les tréfonds de votre âme damnée. Qu’importe, nous, on aura assisté à un concert limpide, métronomique, presque géométrique : la quadrature d’un cercle imparfait.

– Texte : Robin Jolly /// Croquis : Nicolas Barberon

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