Cyril Cyril /// Cannibale

Quoi de mieux pour bien commencer la semaine qu’un concert du lundi ?

Ce 11 février, La Maroquinerie accueillait deux pépites dénichées par le génial label Born Bad Records (dont on vous a déjà dit le plus grand bien ici-même) : Cyril Cyril et Cannibale.

Première partie : Cyril Cyril

Ils ont le même prénom et viennent du même coin. Deux chevelus genevois au destin similaire mais dont la musique, elle, n’a pas d’équivalent.

Cyril (Yeterian) chante pour régler ses comptes avec ses origines libanaises, greffe à son banjo des pédales d’effets. Par un astucieux jeu de loops et de reverb’, ses harmonies nous font voyager dans un ailleurs qu’on serait bien en peine d’identifier.

Cyril (Bondi) fait, lui, parler la peau de ses tambours. Comme dans un rituel, il martèle grosses caisses et grelots, répondant à la poésie tribale de son comparse avec la minutie d’un horloger suisse – on ne renie pas ses origines.

Envolées lyriques, spoken words, paroles en français ou arabe, la panoplie de cette hydre bicéphale – qui n’a rien de monstrueux, on vous rassure ! – est aussi variée que surprenante.

Si « Sayyara », le dernier morceau du set, a des accents de « Riders of the Storm », la tempête dans laquelle Cyril et Cyril nous font chevaucher n’est pas un orage ; elle a la douceur sourde d’une brume électrique.

Deuxième partie : Cannibale

Derrière ce groove imparable où se mêlent la chaleur de la cumbia, la transe de l’afrobeat et la rugosité du rock garage, se cache une étonnante tribu, non pas de sauvages anthropophages, mais de darons normands.

Aussi blancs par leurs origines que noirs par leur musique, ils donnent au crachin natal la moiteur d’une mousson tropicale.

Le rythme est irrésistible et l’énergie communicative. Et ça ne loupe pas, partout ça chaloupe dans une salle qui prend des airs de cérémonie vaudou à la gloire des gloires tardives.

Car si les gaillards ont dû attendre d’avoir quarante piges avant de sortir leur premier album (No Mercy for Love, 2016), ils sont désormais prêts à dévorer toute crue une scène musicale qui les a trop longtemps ignorés.

Preuve en est avec Not Easy to Cook, un second opus brillamment cuisiné où, à travers ce son coutumier, se diffuse désormais une pop sophistiquée à la Zombies (restons dans le champ lexical des îles).

Et lorsque la lumière se rallume, on ressort des bourdons dans les oreilles, le diable au corps et du soleil dans le cœur.

En résumé : Cyril Cyril et Cannibale nous ont sans doute offert ce que l’on peut attendre de mieux d’un spectacle : l’inattendu.

– Texte : Robin Jolly /// Croquis : Nicolas Barberon

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