Arno Futur /// The Hyènes /// La Rue qui t’emmerde

Ce vendredi (11 octobre) je suis de concert.

C’est pas tous les jours… En fait, j’ai une sorte d’atrophie de la culture musicale, liée à une oreille très sensible qui fait que je m’intéresse peu à la musique alors que, chaque fois que j’y suis confrontée, notamment en concert, je trouve ça assez chouette, voire très cool, quand ce n’est pas carrément mortel.
Alors, souvent, je demande à ceux de mes potes qui sont branchés musique de me traîner avec eux, tel un boulet à moitié sourd, et, je me fais parfois violence et je m’impose d’aller à un évènement musical.

Mais c’est quand même plus sympa quand on a un guide éclairé. Et justement, grâce à Nicolas et à ses sorties de croqueur de concerts, Croque and Roll Live !, j’ai l’occasion d’aller voir un live à thématique punk (ou Ponk, ou Keupon), un genre qu’il m’est arrivé de côtoyer de près et qui ne me laisse donc pas indifférent.

Alors au programme, trois groupes, dont celui de l’ancien batteur de Noir Désir, rien que ça, t’as vu mon neveu. « NoirDez » le mythe, quoi.
Ça se passe AU FGO-Barbara, un acronyme qui doit sûrement avoir une signification, mais je suis trop paresseux pour chercher. Qu’il suffise de savoir que c’est une salle petite moyenne située à Barbès-Rochechouart et qui est plus Barbès que Rochechouart.

Nicolas m’a relancé trois fois dans les trois jours pour être sûr que je n’oublie pas. Je n’ai pas oublié. Sauf tout mon matériel, comme le gros couillon que je suis, et je vais donc lui piquer ses feutres pinceaux toute la soirée, sans vergogne. Le gars est sympa, il veut bien. Je suis vraiment un salaud sans scrupule.

Le concert commence avec ARNO FUTUR, groupe dont je n’ai pas saisi le jeu de mot jusqu’à le prononcer à voix haute. Eh oui, je suis une sorte de mec rapide de la tête. Hé bien Arno Futur, “ça crache” comme disaient Les Inconnus. Mais si, Les Inconnus, un trio d’humoristes du temps passé, d’avant les youtubairs. Ils étaient number ouane !

Pour revenir à Arno Futur, tu sens les ouvriers du punk à l’ancienne. C’est un peu les vieux de la vieille, chacun a son petit look qui va bien, on a un tout jeune batteur straight Edge derrière les fûts. Comme je me sens moi aussi l’âme d’un rebelle et pas du tout celle d’un mouton, je chante comme tout le monde “Révolution Camarade” et mon grand-père doit faire huit tours sur lui-même dans son cercueil. Ne lui dites pas que j’ai voté communiste aux européennes.

Au niveau des textes, le capitalisme a du souci à se faire. Au niveau de la musique, je manque de compétences pour parler des harmoniques et vous dire si on était en mineur ou en majeur. Je sais juste que j’aurais dû prendre des boules quies, mais bon, j’allais pas piquer celles de Nicolas, il aurait été capable de me les filer en plus.
Au niveau du public, les gens sont chouettes. Mais ça pogotte peu, on a plus 20 ans sur scène, alors dans la salle aussi.
Je cause d’ailleurs avec un papa sympa qui est venu là avec son fils. Pendant la pause, on parle bd dans la salle devant la scène qui s’est vidée, ce qui fait que je rate la performance de LA RUE QUI T’EMMERDE qui a lieu derrière, dans le bar.

Au moment, où je décide de m’abreuver, ils ont fini et je croise juste la bassiste qui a visiblement fabriqué sa basse avec le corps d’une poubelle en plastique. Elle porte la dread haute et le sarouel bas… Je sais pas si j’ai raté un truc musicalement, mais, au niveau du look, ça me fait penser qu’il faut que je retourne faire un tour à Notre Dame des Landes.
Comme j’ai pris du retard sur les bières, je loupe aussi le début du set de THE HYÈNES, le fameux groupe avec le batteur de l’autre groupe « tsébien ».

Je rentre une fois mon retard d’alcoolémie rattrapé, c’est con, j’aime bien voir les accroches d’ouverture des gens sur scène (même si rien ne détrônera dans mon cœur Château Brutal au niveau des interactions avec le public). Musicalement, c’est vachement moins rêche que Arno Futur. Y a de la mélodie qui coule dans l’oreille… Au niveau de la moyenne d’âge des zicos, c’est aussi du bon vétéran, et ça fait plaisir. Je suis venu avec mon pull dinosaure, j’ai l’impression d’être dans le thème.
J’aime bien dessiner des musiciens qui ont la ride au front. Selon les cas, ça s’assèche et on a des corps hyper nerveux, avec des cordes vocales qui ressortent et des visages émaciés, ou alors ça s’épanouit et on a du bon costaud, avec des rondeurs autour du muscle, des positions un peu différentes de ce qu’on voit avec tous les groupes de neuj tout keus.

Là y a de tout, visuellement, c’est riche à dessiner.
Les chansons sont cools, le chanteur entame “ J’aime les filles, et j’aime les bars et j’aime les filles dans les bars…” Je ne peux qu’aller dans le sens de cette vision profonde et riche de la vie puisque moi même, je ne déteste pas les bars, et, à choisir, j’aime y croiser des filles. Mais du coup, cette chanson émouvante me rappelle que j’ai une fille à retrouver, ce qui va mettre un terme à cette soirée de punks pas encore morts avec pas de futur même si Dieu sauve la reine.

Résultat des courses ? Hé ben je vais AUSSI rater le second set de La Rue qui t’emmerde.

Je dois avoir un truc contre les punks à chien. Moi qui adore les chiens pourtant… Nico m’a dit que le groupe, deux gars une fille, buvait du whisky sur scène entre deux chants révolutionnaires accompagnés à la guitare, à l’accordéon et à la contrebassine. J’aime bien le whisky, mais bon, je sais pas si j’ai trop raté un truc, du coup.

Bilan de l’opération : j’ai rencontré quelques personnes bien cool, dont les gars d’Arno Futur qui étaient bien sympas, j’ai sacrifié ce qu’il fallait à la bière et j’ai bien dit « merde » à la société. Je sais pas si elle va s’en remettre, mais moi, le lendemain, j’avais quand même un peu mal au crâne.

Rage against la gueule de bois.

– Texte : Wandrille Leroy /// Croquis : Nicolas Barberon & Wandrille Leroy

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