R. Jolly – N. Barberon – O. Martin /// No Mady – The Dizzy Brains

Jeudi 25 octobre 2018, le rock était malgache à La Maroquinerie !

Nicolas Barberon et Olivier Martin étaient armés de leurs carnets et crayons, prêts à saisir l’énergie brute de deux formations rock issues de la grande île de Madagascar : No Mady et The Dizzy Brains.

Première partie : No Mady

La chanteuse ne paie pas de mine, avec sa guitare aussi grande qu’elle. Et pourtant, sa voix porte. Elle évoque son pays aux garçons fainéants et aux politiques corrompus… Pour une femme, la vie n’est pas toujours rose sur l’île rouge.

Côté musique, les compositions originales, mêlant des samples électro à des riffs bien metal et une rythmique fusion, nous font voyager du grunge à fleur de peau de Nirvana au rock alternatif des Red Hot.

En deux mots : une excellente surprise.

The Dizzy Brains : « Du brut, du sauvage, pas d’embrouille sur la came. »

Fondé en 2011 par les frères Andrianarisoa (Eddy au chant et Mahefa à la basse), The Dizzy Brains est un quatuor de rock garage piquant comme les cactus de Dutronc et fort en gueule comme les Stooges.

Sauf que leur histoire se passe au cœur de l’Océan Indien, à Tananarive, sur l’île de Madagascar, un des pays les plus pauvres, corrompus et dangereux du monde.

Avec l’énergie du désespoir et de l’urgence, ils secouent Mada d’un son brut, engagé, aussi anachronique qu’authentique. Leurs paroles (en français, anglais ou malgache) parlent du pays, sa jeunesse oubliée, ses politiciens qui s’engraissent (« Fat Man »), la misère (« Asshole »), l’insalubrité (« Dirty Land »), l’absence de liberté sexuelle et la censure qui en découle (« Noana Be« , censurée dans leur pays).

Mais attention, n’y voyez pas là qu’une simple curiosité exotique : les Dizzy Brains sont des rockers avant tout, des purs des durs dont le cerveau dérangé vous fait secouer le vôtre. Leur langage est celui, international, du riff énervé qui percute et bouscule. Et le public de La Maroquinerie parle le même. Pas besoin d’être malgache (même s’ils sont là en nombre) pour s’apercevoir que le monde va mal et que rien ne vaut un son bien lourd et de bonnes grosses guitares saturées pour le faire comprendre.

Le deuxième album des Dizzy Brains, Tany Razana (« Terre brûlée ») vient de sortir et c’est déjà pour nous un incontournable. Même si, vous l’aurez compris, ça se vit encore mieux en live…

– Texte : Robin Jolly /// Croquis : Nicolas BarberonOlivier Martin

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Robin Jolly – Nicolas Barberon /// Teknomom – Chris Imler – Vox Low

Jeudi 18 octobre, Nicolas Barberon et votre serviteur étaient au Badaboum pour une soirée placée sous le signe de l’électro-rock.

Hypnotique, synthétique, dramatique : l’électronique écrite en 3 actes.

Première partie : Teknomom

L’un est un dessinateur de BD habitué aux univers post-apocalyptiques, l’autre est un nerd de la bidouille aimant chiner les machines bon marché. Ensemble, ce duo aux allures de rastas blancs nous offre un voyage hypnotisant et brumeux comme un aquarium de weed.

Lancinante, transcendantale, parfois expérimentale : l’électro qu’ils nous proposent résonne en dedans et fait travailler les sens. Elle n’a de frontale que la lampe sur la tête des DJs.

Deuxième partie : Chris Imler

Il arrive seul, avec sa batterie et ses machines. Comme ses instruments, Chris Imler nous mène à la baguette. Tel un chaman électrique, il frappe des tambours mécaniques, invoque des esprits synthétiques. Sa transe techno-punk est électrisante ; sa maîtrise rythmique, rigoureuse mais flegmatique, impressionnante…

Et de ses collaborations précédentes avec le groupe de hip-hop Puppetmastaz, le teuton semble en plus avoir gardé un goût prononcé pour le second degré… qui a dit que les Allemands n’avaient pas d’humour ?

Troisième partie : Vox Low

« Abandonne tout espoir, toi qui entre ici. »

C’est par ce vers de de la Divine Comédie de Dante, inscrit à l’entrée des Portes de l’enfer, que le groupe Vox Low nous est présenté. Belle promesse. Alors entrons…

Vox Low, c’est une voix venue des profondeurs, aussi désincarnée que les machines qui l’accompagnent, une basse et une batterie métronomiques, implacables comme une cérémonie vaudou, qui vous happent pour mieux vous faire découper par les cordes d’une guitare bien saignante.

Vox Low, c’est un rock ténébreux et froid, du « New Order sous prozac » me glisse-t-on dans l’oreille. C’est un peu vrai. Mais en même temps c’est beaucoup plus que ça.

Vox Low, c’est pour moi rien de plus que le choc de l’année. Mon album de chevet pour faire des mauvais rêves. Une bande de rockers comme on n’en fait plus et qui, s’ils ne signent ici que leur premier album, sont loin d’être des lapins de six semaines. Révélés par le génial label Born Bad Records que l’on ne présente plus (Cheveu, Forever Pavot, Frustration, Cannibale…), les gaillards écument la scène musicale depuis le début des années 2000 et sont enfin prêts à régler leurs comptes… Leurs armes sont autant des synthés qu’une synthèse de ce qui les a faits, de ce qui les a défaits. Leur appel est aussi désespéré qu’il est cool. Leur poésie est celle, brutale, de l’homme asservi mais jamais résigné.

Si « Something is Wrong » à l’entrée des portes de leur enfer, n’abandonnez finalement pas tout espoir…

– Texte : Robin Jolly /// Croquis : Nicolas Barberon

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Tommy /// Pierre-Yves Plat

Pierre-Yves Plat, pianiste virtuose français, adapte des œuvres « classiques » en jazz, avec humour, parfois même avec ses pieds et/ou son nez ! Son répertoire court de Chopin à Ray Charles, et s’appuie sur des structures classiques et des échappées rythmiques vers d’autres styles musicaux…
Il se produit pour plusieurs mercredi au Sunset-sunside à Paris.
Tommy a profité du concert de mercredi 10 octobre pour nous rapporter quelques variations sur le même thème… en croquis !

 

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Nicolas Barberon /// Collateral – Klink Clock

Alors que nous gouttions aux dernières chaleurs d’un été qui ne veut pas finir,
à la Clef, à Saint Germain en Laye, se préparait une soirée électrique et chaude.

Collatéral, trio des Yvelines créé en 2012, venait défendre leur tout nouvel EP,
« Accursia », à grands coups de riffs déchaînés, de refrains efficaces et, pour
la première fois pour ce groupe, d’une reprise… mais pas de n’importe qui :
de Monsieur Gainsbourg !
Le groupe venait en terrain conquis au vu des groupies aux premiers rangs qui reprenaient en choeur certains de leurs morceaux, comme « Alice ».

Klink Clock, duo rock indépendant présentait, lui aussi, devant un public fidèle, son nouvel album : « Accidents ». Un titre en réponse à l’époque actuelle et au coup de couteau dans le dos que le groupe a visiblement reçu, selon le petit discours d’introduction lu par Jennie. On n’en saura pas plus… Mais qu’importe, nous étions venus assister à un concert de sons saturés, électriques, minimalistes, avec pour seuls instruments, une guitare, une batterie, une énergie communicative, pour découvrir de nouveaux morceaux, comme « Hotel ».

Tous les ingrédients étaient au rendez-vous pour passer une bonne soirée…
sans accident !

– Texte et croquis : Nicolas Barberon

 

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Laurie Mouret /// Somali Yacht Club

Somali Yacht Club à Quantic.  Croquis rapides d’un dimanche soir très stoner rock pour notre nouvelle croqueuse de Roumanie, Laurie Mouret :

 

« Quantic est un bar/club/espace culturel bucarestois qui met en avant les groupes locaux, notamment de métal. En mai, au cours d’un festival réparti dans trois clubs de la ville, j’avais découvert Somali Yacht Club, un groupe ukrainien qui ouvrait pour la tête d’affiche des concerts ayant lieu à Quantic : Stoned Jesus (un autre groupe de stoner rock ukrainien).

Dimanche soir la tête d’affiche était cette fois Somali Yacht Club, les premières parties étant assurées par deux groupes que je ne connaissais pas :
Straytones : un autre trio ukrainien, avec une fille qui envoie à la batterie et qui chante mieux dans les chœurs que… le chanteur. Et vraiment, le fait que l’énergie du groupe provienne de la batteuse a vraiment conquis le public. Je suis arrivée vers la fin de leur set, j’ai donc croqué leurs deux derniers morceaux. En me demandant comment on pourrait reconnaître que c’était une fille à la batterie sur mon dessin, vu qu’ils ont tous les cheveux longs dans ce groupe !

Venait ensuite COD, un groupe roumain. Pas aussi stoner, nettement plus poseur : je n’ai pas accroché. Le temps de faire un croquis de leurs deux premiers morceaux et je suis allée les écouter depuis la terrasse du bar, où, au moins je ne voyais plus le chanteur prendre la pose à tout va.

Et donc, enfin, Somali Yacht Club, la bonne découverte de l’année en ce qui me concerne : ils revenaient à Bucarest dans le cadre de leur tournée To the Sea, pour promouvoir leur dernier album (qui s’appelle… The sea). Le groupe, sans prétention, dégage vraiment quelque chose sur scène, il se crée toujours une chouette atmosphère dans le public, et techniquement, ils assurent. Le fait qu’ils reviennent pour un deuxième bis, simplement parce que c’était leur dernière semaine sur cette partie de la tournée, a achevé de me les rendre vraiment sympatiques. (Ils ont d’ailleurs des dates à venir en France, avec Stoned Jesus de nouveau : Rennes, Vallet, Bordeaux et Toulouse, pour les amateurs de Stoner/Psychedelic rock en France). »

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Laurie Mouret /// Balkanik Festival

Laurie Mouret travaille dans le domaine de la localisation/traduction à Bucarest. Elle dessine depuis un an les événements de l’Institut Français et de la librairie Française de sa ville, et croque aussi les concerts d’un petit pub underground en centre-ville, Londophone. Pour sa première participation au site elle nous livre une belle production de dessins réalisés lors du Balkanik Festival :

 » Bucarest est une ville qui bouge énormément, et dont les nombreux parcs sont de vrais centres de vie. C’est donc en toute logique que l’été, surtout en août, sont organisés tout un tas de festivals (souvent gratuits) en plein air.

Balkanik est un peu différent des autres dans le sens où il est vraiment centré sur la musique et l’artisanat local – là où la plupart des autres festivals sont vendus comme des «street food» festival – comprendre par-là de la nourriture tout à fait banale vendue bien trop cher.
Et surtout, parce que si les roumains peuvent être tout à fait mous en concert, ils vont tous s’amuser comme des fous et danser ensemble dès qu’il s’agit de musique roumaine/des Balkans. Et ça fait vraiment passer un super moment.

J’avais fait le festival en tant que simple festivalière l’an dernier,  j’avais croqué l’endroit et quelques personnes, mais j’étais souvent trop loin pour pouvoir dessiner les groupes. Alors cette année, j’ai pris mon courage à deux mains, et j’ai proposé au festival de leur faire des croquis.

Très enthousiaste, ils m’ont donné un badge staff qui me donnait donc accès à tout. Je n’en demandais pas tant ! J’ai vite compris que le plus intéressant était en backstage, surtout le premier soir, quand une fanfare roumaine avait posé tous les cuivres sur les tables en bois. J’avais un peu honte de mutiler autant ces magnifiques instruments en oubliant par-ci un bouton, en faisant une tige trop grande par-là. Mais ils étaient tout ébahis que quelqu’un dessine leurs instruments. Ou quand, un peu plus tard, les musiciens de Fanfara Tirana luttaient pour bien enfiler leur jupe traditionnelle.

Les concerts n’étaient pas tous évidents à dessiner en raison des effets sur scène – le premier de chaque journée se déroulait en fin d’après-midi, quand il faisait donc encore jour, mais pour les autres, pour peu qu’il y ait des effets de lumière et de la fumée, je n’y voyais pas grand-chose. Sans parler des groupes hyperactifs comme Transglobal Underground, où le chanteur bougeait sans cesse ! Leur collaboration avec une fanfare Albanaise était aussi inattendue qu’exaltante.

Beaucoup n’attendait que le troisième (et dernier) jour du festival, pour Asaf Avidan. Comme ce dernier avait demandé à avoir une loge à l’intérieur de la gare à côté de laquelle se déroule le festival (tous les autres partageaient un bout de terrain avec tables et bar juste derrière la scène), je savais que je n’aurai pas grand-chose à dessiner en coulisses ce jour-là.

Je me suis donc tournée vers les balances, avec Kroke, un groupe de jazz/klezmer polonais, puis, plus tard, vers les balances d’Asaf Avidan et des quelques festivalières venues se pâmer devant lui.
Personnellement, je ne connaissais que de nom, mais je ne connaissais rien de sa musique. C’est donc un peu gênée qu’après le concert, à la demande du photographe officiel du groupe, j’ai dû doubler une quinzaine de fans silencieusement outrés pour qu’Asaf Avidan voit le croquis de son concert, alors que je venais de découvrir son travail 1h30 plus tôt…. Je n’aime pas franchement aller montrer mes croquis aux personnes concernées si ces dernières n’en manifestent pas l’envie, mais je me voyais très mal dire non pour le coup.

Les croquis que je préfère, autant dans le processus lui-même que dans le rendu sont les deux que j’ai fait de Kroke, sans doute car j’ai pu discuter avec les membres du groupe (qui m’avaient vue dessiner en backstage et étaient tout curieux de voir ce que je faisais), et ceux des fanfares. Parce que les fanfares, c’est toujours quelque chose. »

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Nicolas Barberon – Robin Jolly /// La Fête de l’Humanité 2018

Retrouvez notre reportage dessiné de la Fête de L’Humanité 2018 sur le site du journal Le Monde

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