Laurie Mouret /// Balkanik Festival

Laurie Mouret travaille dans le domaine de la localisation/traduction à Bucarest. Elle dessine depuis un an les événements de l’Institut Français et de la librairie Française de sa ville, et croque aussi les concerts d’un petit pub underground en centre-ville, Londophone. Pour sa première participation au site elle nous livre une belle production de dessins réalisés lors du Balkanik Festival :

 » Bucarest est une ville qui bouge énormément, et dont les nombreux parcs sont de vrais centres de vie. C’est donc en toute logique que l’été, surtout en août, sont organisés tout un tas de festivals (souvent gratuits) en plein air.

Balkanik est un peu différent des autres dans le sens où il est vraiment centré sur la musique et l’artisanat local – là où la plupart des autres festivals sont vendus comme des «street food» festival – comprendre par-là de la nourriture tout à fait banale vendue bien trop cher.
Et surtout, parce que si les roumains peuvent être tout à fait mous en concert, ils vont tous s’amuser comme des fous et danser ensemble dès qu’il s’agit de musique roumaine/des Balkans. Et ça fait vraiment passer un super moment.

J’avais fait le festival en tant que simple festivalière l’an dernier,  j’avais croqué l’endroit et quelques personnes, mais j’étais souvent trop loin pour pouvoir dessiner les groupes. Alors cette année, j’ai pris mon courage à deux mains, et j’ai proposé au festival de leur faire des croquis.

Très enthousiaste, ils m’ont donné un badge staff qui me donnait donc accès à tout. Je n’en demandais pas tant ! J’ai vite compris que le plus intéressant était en backstage, surtout le premier soir, quand une fanfare roumaine avait posé tous les cuivres sur les tables en bois. J’avais un peu honte de mutiler autant ces magnifiques instruments en oubliant par-ci un bouton, en faisant une tige trop grande par-là. Mais ils étaient tout ébahis que quelqu’un dessine leurs instruments. Ou quand, un peu plus tard, les musiciens de Fanfara Tirana luttaient pour bien enfiler leur jupe traditionnelle.

Les concerts n’étaient pas tous évidents à dessiner en raison des effets sur scène – le premier de chaque journée se déroulait en fin d’après-midi, quand il faisait donc encore jour, mais pour les autres, pour peu qu’il y ait des effets de lumière et de la fumée, je n’y voyais pas grand-chose. Sans parler des groupes hyperactifs comme Transglobal Underground, où le chanteur bougeait sans cesse ! Leur collaboration avec une fanfare Albanaise était aussi inattendue qu’exaltante.

Beaucoup n’attendait que le troisième (et dernier) jour du festival, pour Asaf Avidan. Comme ce dernier avait demandé à avoir une loge à l’intérieur de la gare à côté de laquelle se déroule le festival (tous les autres partageaient un bout de terrain avec tables et bar juste derrière la scène), je savais que je n’aurai pas grand-chose à dessiner en coulisses ce jour-là.

Je me suis donc tournée vers les balances, avec Kroke, un groupe de jazz/klezmer polonais, puis, plus tard, vers les balances d’Asaf Avidan et des quelques festivalières venues se pâmer devant lui.
Personnellement, je ne connaissais que de nom, mais je ne connaissais rien de sa musique. C’est donc un peu gênée qu’après le concert, à la demande du photographe officiel du groupe, j’ai dû doubler une quinzaine de fans silencieusement outrés pour qu’Asaf Avidan voit le croquis de son concert, alors que je venais de découvrir son travail 1h30 plus tôt…. Je n’aime pas franchement aller montrer mes croquis aux personnes concernées si ces dernières n’en manifestent pas l’envie, mais je me voyais très mal dire non pour le coup.

Les croquis que je préfère, autant dans le processus lui-même que dans le rendu sont les deux que j’ai fait de Kroke, sans doute car j’ai pu discuter avec les membres du groupe (qui m’avaient vue dessiner en backstage et étaient tout curieux de voir ce que je faisais), et ceux des fanfares. Parce que les fanfares, c’est toujours quelque chose. »

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Nicolas Barberon – Robin Jolly /// La Fête de l’Humanité 2018

Retrouvez notre reportage dessiné de la Fête de L’Humanité 2018 sur le site du journal Le Monde

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Wandrille /// Rock en Seine 2018

Petit Report de Wandrille à Rock en Seine :

 » Cette année, par la grâce de mon ami Rolland, j’ai eu la chance de passer un jour à Rock en Seine, moi qui ai, pour la musique, la curiosité d’une hyène pour les légumes (alors que j’ai plutôt une bonne oreille et une mémoire quasi autistique pour les mélodies, vlà le gâchis).

Au dernier moment, mon comparse m’a averti qu’il ne pourrait être présent parce qu’il était dans les Rocheuses. Bon. On a tous des problèmes, faut pas juger. Du coup, je l’ai remplacé par mon cousin, amateur de gros sons hip hop. Le garçon vient de Versailles, c’est la banlieue, c’est pour ça.

Comme dans ces cas là, il vaut mieux préparer en amont, on a demandé conseil à ceux de nos amis les plus pointus qui, eux, s’y connaissent et s’y intéressent. Une liste de choses à écouter en priorité avant d’aller y mouiller son cornet acoustique.

J’avais pas trop envie de voir Charlotte Gainsbourg, ni Liam Gallager, donc ça, c’était out d’office.

Mes consiglioris musicaux ont fait une grande unanimité autour de Fat White Family. Il fallait aller voir ça.

J’ai aussi laissé trainé mes oreilles du côté de King Gizzard and the Lizard Wizard, Malik Djoudi, et Cigarettes After Sex.

Pour le dernier, ça s’écoute bien, je ferais bien plusieurs trajets d’ascenseur avec ça en musique de fond. Malheureusement, ça passait au milieu de l’après midi sur la grande scène. C’était plutôt le moment de boire des bières avec l’ami Pochep qui sortait d’une performance de Quizz dessiné.

 

Le premier concert qu’on a vraiment entendu fut donc King Gizzard and the Lizard Wizard dont j’avais écouté un album un peu rock seventies baba coulant, avec des voix à la MGMT, bon… J’étais moyen convaincu.
On a quand même décidé de donner sa chance au produit, et bien nous a pris, parce que, sur scène, ça envoyait du bois, avec notamment un guitariste moustachu charismatique qui équilibrait le lead singer chevelu, énième incarnation du guitar hero bonjoviste à midinette. Le premier, avec sa tête de mec inquiet de pas faire de fausse note, arrivait à porter des chaussettes blanches très apparentes et à avoir la classe. On avait pas vu ça depuis Mickael Jackson.

Le public est assez rigolo à regarder et à dessiner.

 

 

 

 

 

 

 

Il y a un photographe ultra looké avec un mini tabouret pour prendre ses photos de la façon la plus ostensible possible avec son très gros objectif.

On sent le besoin de compenser.

Comme toujours dessiner, c’est la garantie d’attirer une sympathie venue de nulle part et de voir quelques curieuses se rapprocher pour jeter un œil vorace sur des dessins biens mais pas top, mais suffisant pour impressionner.

A la fin du set, on émigre vers la scène où joue Black Star, du hip hop avec des cuivres. Tout le monde est habillé en noir et blanc, ça fait très Boys to Men. C’est pas mal. Surtout les cuivres en fait.

Mon cousin aime bien le rap mais là, c’était pas assez bien apparemment.

Donc on est allé manger des pizzas hors de prix. Elles furent mémorables dans le sens où je me suis brûlé le palais et que je la sens encore cette trois fromages (d’ailleurs quel est le fromage qui a été sacrifié dans le passage de la quatre fromage à la trois fromages ? Je pose une question de fond…)

Liam Gallagher commence à beugler sur la grande scène, tout le monde se rapproche, on s’éloigne. On migre devant la scène Île de France où chante PLK, jeune rappeur de 20 ans, d’origine polak comme l’indique son blaze.
Eh bah, c’est pas mal. Non mais en fait, c’est même assez très bien. Grosse ambiance. Bon il fait vraiment trop sombre pour dessiner un truc intéressant, mais bon, vu qu’on danse, c’est pas fondamental.

 

 

 

 

 

 

Puis il y a LE truc que tout le monde m’a recommandé. Fat White Family.

Bon… Ben…

J’ai tenu trois chansons, et puis, là j’ai eu vraiment trop mal aux oreilles, les gars étaient complètement défoncé sur scène, selon mon accompagnateur et c’est vrai qu’entre chaque chanson les mecs s’asseyaient tous avec le chanteur qui boit tout le long.

Bel exemple pour la jeunesse.

Et après ? Ben après, c’est le moment où on est vieux et, alors que Yota joue vers 23H30, on choisit de se rentrer.

Quoi c’est nul ? Oui ben, on a des familles nous.

Enfin pas moi.

Ouais, c’est naze.

Il faudrait vraiment que je me mette à prendre des drogues un jour.
Sur cette belle résolution, on va finir plutôt sur le dessin d’un couple qui s’embrassait, durant le trajet aller.

Bande de salauds. »

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Sandra Vérine /// Festival Sous les rochers la plage

Sandra Vérine nous livre un témoignage, en texte et croquis, de sa participation au festival « Sous les rochers, la plage » en tant que dessinatrice invitée :

 » Après des festivals d’été de jazz, chanson française et musiques du monde, enfin un festival rock a Sète !
Je suis invitée pour dessiner LIVE à la première édition de Sous les rochers, la plage coproduit par Hérissons productions et L.A. Productions by Caramba. La programmation est sans faute, et se déroule dans le cadre exceptionnel du Théâtre de la mer. En prime la pleine lune qui se reflète sur la mer et une super équipe !

JOUR 1 – SUGAR & TIGER / RVG / PETE DOHERTY

Le ciel est encore bleu pour une belle entrée en matière avec Sugar & Tiger, rock français punk et pop festoyant au doux chant féminin qui nous communique sa joyeuse énergie (side project familial des Wampas avec Didier Wampas, sa compagne et ses fils).
L’inoubliable voix, si écorchée et généreuse, de la chanteuse Romy Vager du groupe australien RVG (Romy Vager Group) évoque parfois celle de Patti Smith.
La pleine lune se reflète sur la mer derrière l’émouvant et intimiste set de Pete Doherty, seul avec sa guitare pour une heure et demi de ses chansons et de reprises des Libertines.
Cerise sur le gâteau, je réussis à montrer mon dessin à Pete Doherty, très gentil et respectueux, et – ô, surprise ! – il me l’achète et repart avec !

Et pour couronner le tout, il est minuit passé : c’est mon anniversaire !


JOUR 2 – KLINCK CLOCK / TRUST / WAMPAS

Amoureuse des duos « un gars, une fille », j’avais hâte de voir Klink Clock.
Vêtus de costumes de scène noirs et blancs très graphiques avec la batteuse chanteuse jouant debout, c’est un plaisir de les dessiner.
N’ayant pas grandi avec et ne comprenant pas trop le phénomène Trust, j’appréhendais un peu. Alors c’est une bonne surprise que leur set. Le public est fidèle et Trust nous étonnent avec des nouvelles chansons et trois belles choristes dansantes.
Je ne résiste pas à la tentation de danser sur les Wampas et ne regrette pas mon choix ! Didier Wampas est une vrai pile électrique qui saute danse, grimpe partout et passe autant de temps sur scène que porté par la foule, dont une fois sur une chaise ! À ses cotés, le guitariste Tony Truant et sa dégaine est terrible ! Didier Wampas, c’est vraiment le roi !


JOUR 3 – MYSTERY LIGHTS / THE LIMINANAS / GIRLS IN HAWAI

Je suis contente de revoir les Mystery Lights, groupe garage psyché basé a New York et découvert il y a deux ans au festival This is not a love song (Nîmes). Je trouve leur set trop court, j’ai juste assez de temps pour dessiner les 5 musiciens (bien lookés) et être frustrée de ne pas pouvoir danser : l’activité de dessinatrice de concerts est parfois ingrate !!!!
Pour les Limiñanas je m’éloigne un peu pour pouvoir dessiner les 7 musiciens tous de noir vêtus. La lumière contrastée m’inspire pour les dessiner tous devant la foule fidèle. Leur set est parfait, et j’ai même le temps de filmer leur belle montée finale.
Le final se joue avec le band de six boys belge Girls in Hawaii. Au début, la transition est étrange, mais je finis par rentrer dans leur musique. Je m’assois plus en hauteur pour profiter de la vue sur tout le théâtre pour dessiner la scène.

 

Bilan : 8 groupes dessinés sur 9 et un dessin reparti avec Pete Doherty !

J’ai hâte de voir ce que la deuxième édition nous réserve ! « 

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Franck Boissieux /// 20e édition du Cabaret Frappé (Grenoble)

Franck Boissieux nous fait un retour en texte et croquis de la 20e édition du festival Le Cabaret Frappé qui s’est déroulé du 16 au 21 juillet 2018, à Grenoble :

Mardi 17 juillet

Deyosan, trio d’origine grenobloise, mélange musiques du monde et électro dans un ensemble très entraînant.

Arash Sarkechik, Grenoblois lui-aussi, arrive, seul sur scène, à nous amener dans son univers oriental et électro : chapeau ! Un véritable coup de cœur, à découvrir.

Et pour finir, un des groupes mythiques de la région, les Gnawa Diffusion ! Entre musique gnawa, roots reaggae, rock et funk, Amazigh Kateb et ses acolytes ravissent leurs (nombreux) fans. J’avais du mal à croquer à côté de l’un d’entre eux, particulièrement surexcité ! Un type qui m’a vu dessiner est venu me voir, il a sorti de son sac un livre qui était en fait son carnet à dessins et s’est mis à croquer, lui-aussi. À la fin, il m’a dit, avec un fort accent anglais, qu’il a eu envie de dessiner en me voyant faire, et il m’a même remercié !

Belle première soirée avec cette cuvée 100% grenobloise (il y a de sacrés groupes chez nous, qu’on se le dise !) et de chouettes rencontres.

Jeudi 19 juillet

Ce soir je suis venu voir Y. Blues et Barefoot Iano, membre du groupe des Mountain Men. Cette formation nous a fait découvrir un savant mélange de blues et de metal, vraiment une belle surprise.

Ensuite, Gunwood est monté sur scène. Encore une belle découverte, entre blues, folk et rock, avec un bassiste endiablé ! Pour le dernier morceau, Barefoot Iano les a accompagnés à l’harmonica.

Je ne suis malheureusement pas resté pour H-Burns (les joies de bosser le lendemain…)

Vendredi 20 juillet

Concerts annulés pour cause d’alerte orage.

 

Samedi 21 juillet

Je découvre Melissa Laveaux : j’adore ce genre de voix, à la fois créole et bluesy.

Ensuite Seun Kuti et Egypt 80 sont montés sur scène… Et là, ils ont mis le feu au son de l’afrobeat, une musique vraiment envoûtante, c’était chaud (ou show c’est selon) !

 

En résumé, un très beau festival qui nous amène dans plein d’univers différents, dans un cadre vraiment sympa et qui, en plus, est gratuit !

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Robin Jolly – Olivier Martin – Nicolas Barberon /// Binic Folk Blues : Warm Up

Comme lors de notre dernière venue (Left Lane Cruiser), le Petit Bain transformait, en ce 21 juillet 2018, la Seine en Mississippi à l’occasion du Warm Up du Binic Folks Blues Festival.
Au programme : 3 concerts aux inspirations évidemment très proches, mais aussi très différents et complémentaires, pour un mini-festival à la gloire du – et ceci n’engage que votre humble rédacteur – plus grand des genres musicaux.

Mark « Porkshop » Holder
Quoi de mieux, pour ouvrir cette soirée, qu’un guitariste originaire de l’un des plus blues des états américains : le Tennessee ?
Et le moins que l’on puisse dire, c’est que Mark « Porkshop » Holder ne fait pas dans la demi-mesure. À l’image de ses musiciens, son blues rock est massif, brut et sans fioriture.
Pour autant, des compositions variées évoquant autant les riffs implacables de Black Sabbath que l’énergie à fleur de peau d’un Johnny Winter (dont il possède une guitare dédicacée !) font de Porkshop un artiste accompli, probablement bien loin du succès mérité.

Mr. Airplane Man
Comme son nom ne l’indique pas, Mr. Airplane Man est un duo exclusivement féminin nous venant de Boston.
Mais ne vous fiez pas aux préjugés, Margaret à la guitare et Tara à la batterie/clavier n’hésitent pas à mettre leurs ovaires sur la table pour matraquer un rock puissant, alliant une radicalité garage à des racines profondément blues.
Et même lorsqu’elles souffrent d’ennuyeux problèmes de son, les donzelles gèrent ça avec aplomb et flegme, nous montrant que si la musique est parfois synonyme d’imprévu, elle est toujours affaire de vitalité.

Endless Boogie
Pour finir la soirée en beauté, un groupe qui, lui, porte plutôt bien son nom : Endless Boogie.
Tirant son nom du chariot sur lequel sont fixés les essieux d’un train (à qui il doit sa rythmique répétitive si particulière), le boogie est un style explosif et entêtant que ses plus illustres représentants, de John Lee Hooker à Canned Heat, prennent parfois plaisir à étirer lors de morceaux très longs.
En l’occurrence, nos gaillards de New York ont l’air d’avoir pris cette réputation au pied de la lettre puisque, sur une bonne heure et des poussières de concert, ils auront joué en tout et pour tout… 4 morceaux !
On est autant impressionné par la virtuosité des solos de Paul Major que par la régularité (et l’énergie) avec laquelle ses acolytes tiennent la cadence pendant près d’une vingtaine de minutes à chaque fois.
Dans le public, on nous avait prévenu : Endless Boogie est un pur groupe de live. Et on est bien enclin à le croire, vu l’énergie qui se dégage d’une fosse jusqu’ici assez tiède : le Petit Bain se met enfin à tanguer !

Le résumé de la soirée ?
Une bien belle mise en bouche pour ce que sera la prochaine édition de ce Binic Folks Blues Festival où nous n’avons, curieusement, jamais mis les pieds !

– Texte : Robin Jolly /// Croquis : Nicolas BarberonOlivier Martin

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Robin Jolly – Nicolas Barberon – Olivier Martin /// Hellfest 2018. Journée du dimanche

Après deux jours de kiff et de labeur : troisième aller-retour en enfer.

Arrivés un peu plus tard que de coutume sur les lieux (une courte nuit à récupérer !), on se dirige vers la Warzone retrouver les briscards des Sheriff mais le monde nous empêche d’y accéder.
Bien déterminé à ne pas commettre la même erreur pour Iron Maiden, le climax du festival, Nicolas décide de venir en avance pour se placer devant la Mainstage. Dès Accept, à 17h30.

Amusés par la prestation de air guitar d’un fan dans le public, Olivier et moi décidons tout de même assez vite de prendre la tangente et retournons en Warzone (sur les bons conseils de notre ami Laurent, que l’on retrouve sur place d’ailleurs) pour voir Backyard Babies. Ce hard rock suédois aux relents punk a quelque chose d’à la fois sans surprise et ultra motivant. Après ça et l’ingestion d’un petit burger des familles, nous voilà reboostés pour retourner dans la foule devant les scènes principales.

19h30. On arrive à se placer pile au moment de l’entame de Megadeth. Et là c’est le drame… un premier morceau saccagé par l’absence du son des guitares, Dave Mustaine et sa bande tricotant comme des forcenés dans le vide : c’est à la fois drôle et gênant.
Je ne saurais dire si cet écueil en est la cause mais pour ne rien vous cacher, ce concert sera pour moi le moment le plus pénible du festival. Un chanteur à la voix fatiguée, des solos de guitare autistes à n’en plus finir, aucune communion avec le public et un son épouvantable : l’ennui est total.

Fort heureusement, la prestation d’Alice in Chains qui s’enchaîne sur la scène d’à-côté est l’exact opposé. Cela faisait 12 ans que ces papes du grunge et du heavy n’étaient pas venus sur les terres saintes (ou maudites, c’est selon) du metal, et ils semblaient bien déterminés à le faire sentir. On assiste à 1h d’un concert mémorable, quasi parfait.

Puis c’est le moment de l’attente fébrile devant le montage des décors d’Iron Maiden. Plus un seul mètre carré de disponible, les gens se marchent dessus dans la fosse. On le sait d’avance : le show sera dantesque. Dès l’entame, un gigantesque avion gonflable et un décor de guerre plantent le tableau. Et des tableaux, il y en aura d’autres… Chaque morceau se déploie au gré d’une nouvelle ambiance, avec force arrières-plans mouvants, tentures,  sculptures gonflables, effets pyrotechniques… Le tout habité par des musiciens éblouissants de maîtrise et qui semblent vraiment s’éclater, eux. « Mais c’est un gamin en fait ! » cette phrase que je lâche à Olivier semble tout résumer. Bruce Dickinson, infatigable, court partout, se déguise, se bat à l’épée – et au lance-flamme ! –, comme un gosse, s’amusant avec des jouets géants.

Nietzsche disait que, pour créer, l’homme devait apprendre à redevenir enfant. Dickinson en est l’illustre exemple.

Encore ébahis, on se fraye un chemin jusqu’à l’espace VIP où l’on retrouve un Nicolas certes fatigué, mais ému lui-aussi.

L’ultime journée au Hellfest 2018 se terminera sur ces notes.

See you next year, motherfuckers !

– Texte : Robin Jolly /// Croquis : Nicolas BarberonOlivier Martin

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