Hellfest 2019

Retrouvez notre report du Hellfest 2019 en croquis (une sélection) sur le site du journal Le Monde… et bientôt tous les dessins sur Croque and Roll Live !

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GROSS MEISTER FLEISCH /// RODOLPHE BURGER au New Morning

Jeudi 23 mai 2019, le grand (dans tous les sens du terme) Rodolphe Burger clôturait la tournée de son dernier album « Good » dans la mythique salle parisienne du New Morning.

Première partie : Gross Meister Fleisch

Clin d’œil humoristique au légendaire DJ Grandmaster Flash, ce groupe allemand sait visiblement cultiver l’art du décalage.

Un bassiste-guitariste travesti en diva, robe à strass et perruque, plaque un groove imparable et dit des trucs incompréhensibles auquel répond un percussionniste et sa batterie de tambours, de cymbales et de samples qui nous font voyager aux frontières d’une disco punk, parfois expérimentale.

On secoue un peu la tête et on se marre beaucoup, sous le regard hautain d’un autre travesti de 2m (talons compris) qui se dandine et distribue au public un obscur breuvage servi par un pistolet-pulvérisateur de produit pour vitres.

Rodolphe Burger et le « trio Good »

Accompagné de Christophe Calpini aux rythmes et de Sarah Murcia à la contrebasse, clavier et seconde voix, le chanteur et guitariste de Kat Onoma répète en ouverture et à l’envi ce mot qui résumera toute la soirée : « Good ». Car dieu que c’était bon !

Pendant plus de deux heures, le colosse alsacien nous livre un panorama exemplaire de son univers musical inclassable et unique, mêlant l’énergie du rock, la liberté du jazz, la modernité de l’électro et la radicalité de la musique expérimentale où les paroles, en français, anglais et allemand (ou alsacien ? les linguistes me pardonneront), nous font explorer les territoires d’une poésie cryptique et belle. Rejoint plus tard par le claviériste Julien Perraudeau, le batteur Alberto Malo et le trompettiste Erik Truffaz, il nous rappelle également que la force des grands est de savoir s’entourer.

Exigeant, lettré, humble, ouvert d’esprit et toujours aussi moderne à plus de 60 ans, Rodolphe Burger s’inscrit dans cette tradition française dont son ami Alain Bashung fut l’un des plus brillants représentants. Du rock d’intello comme j’aime à l’appeler – n’oublions pas que Burger est titulaire d’un DEA de philo – qui tabasse (nos acouphènes en témoignent !) autant qu’il transporte.

De cette setlist généreuse (plus de 20 morceaux, et d’une longueur déjà inhabituelle), je retiendrai le venimeux « Happy Hour », le surpuissant « FX Of Love », l’envoûtant « Madeleine » (exclusivité de son prochain album à paraître cette année, imaginée avec Bertrand Belin) sans oublier les grands classiques de Kat Onoma comme « Lady Of Guadalupe » ou « Radioactivity » venus se rappeler au bon souvenir des premiers fans, toujours aussi fidèles 30 ans après.

Mais en tant que guitariste, il est désormais temps que je m’entretienne avec vous d’une énigme : le jeu de Rodolphe.

Un jeu aussi beau qu’il est inexplicable et qui, lorsque je le vois, ne cesse de provoquer en moi une sorte d’agréable frustration. Faussement flegmatique, ce picking en énergie retenue – voire contenue – à la virtuosité discrète, au toucher impeccable et aux phrasés d’une grande richesse d’où naît systématiquement l’inattendu est celui d’un homme qui a su développer une manière de jouer qui ne correspond qu’à lui et à nul autre. Ce qui ne me sera, mathématiquement, jamais accessible : comprenez que je l’ai mauvaise !

Rodolphe est un immense guitariste, de cette race rare qui sait aussi se mettre en retrait pour faire exister l’énergie collective du morceau avant tout. Tels les mouvements de baguette d’un chef d’orchestre, ses notes appellent en renfort la créativité des autres musiciens, on pense ici en particulier à la fabuleuse Sarah Murcia et son expressivité communicative.

De fait, Rodolphe Burger est sans doute le plus jazz des guitaristes rock. Ou l’inverse. Mais de toute façon l’un des plus grands.

 

– Texte : Robin Jolly /// Croquis : Nicolas Barberon /// Photos : Mathilde Stieg

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PUR-SANG /// DELGRES à la Cigale (Paris 18)

Sous la grisaille déroutante de ce printemps capricieux, l’implacable trio Delgrès s’empare de la salle parisienne, La Cigale, et chauffe le public avec la sonorité de leur blues créole caractérisé par des idéaux de liberté et d’indépendance.

PUR-SANG

Le rythme folk de ce couple tout au féminin ouvre la scène et glisse le public dans une atmosphère paisible. Leur mélodie transmet un sentiment de liberté et de fraicheur comme un Pur-Sang qui court dans la prairie. Les voix harmonieuses et éthérées du duo formé par Claire Joseph et Skye préparent doucement le public à une suite plus mouvementée.

 

DELGRÈS

Delgrès c’est une histoire d’esclavagisme, de revendications et d’affection. Le blues intime aux influences Cajun du trio se fait porteur de ces thématiques tout en rendant hommage à Louis Delgrès, héros de la résistance guadeloupéenne.
À la tête du groupe Pascal Danaë, déjà imprégné des sonorités caraïbéennes avec son autre groupe Rivière Noire, exprime ses origines créoles accompagné par l’énergie du batteur Baptiste Brody et par le souffle puissant de Rafgee au soubassophone.
Leur musique aux saveurs antillaises mobilise un public varié passionné du genre (comme Yarol Poupaud, entre autre guitariste de FFF, qui suit le spectacle avec intensité depuis le balcon) ainsi que les nouvelles générations qui profitent des rythmes avec ferveur.
Le trio s’exprime à travers une sorte de hill country personnelle et engagée qui ne manque pas de partager des anecdotes de vie privée comme dans Pardone Mwen ou d’exposer l’actualité en glissant une référence aux gilets jaunes dans le texte de Mr Président.
La performance est aussi couronnée par un petit clin d’œil aux amateurs avec une reprise aux airs créoles de Whole Lotta Love de Led Zeppelin.

Ainsi se termine une soirée chaleureuse et festive, douce et puissante comme un rhum arrangé, qui nous a fait voyager du côté du soleil, entre La Nouvelle Orléans et Gwada.

– Texte : Federica Giuliano /// Croquis : Nicolas Barberon

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Royal Tusk /// Monster Truck

En ce samedi 11 mai 2019 (veille du concert de Metallica au Stade de France), au Forum de Vauréal (95), on nous promettait une autre soirée placée sous le signe du metal : deux groupes venus du Canada, musclés et testostéronés tel un bûcheron découpant ses troncs avec une tronçonneuse branchée en « AC/DC »… Et nous n’avons pas été déçus : ça a tranché !

La salle, pleine à craquer, accueillait un public passionné et familial, avec des pères qui ont perdu depuis quelques années leur tignasse de metalleux, des enfants (voire même un bébé en poussette) et ados accompagnants leurs parents, un groupe de copains, de Bordeaux, venu faire la surprise à un futur marié, et des vieux habitués du lieu… bref, une ambiance fort sympathique et chaleureuse, à l’image de ce Forum et de son équipe !

ROYAL TUSK

Venu défendre leur nouvel album, « Tusk II », la musique de ces quatre jeunes gaillards débarqués du grand Nord s’inscrit dans une tradition de classic rock, teinté de stoner et d’énergie punk. Ces fils d’ouvriers enchaînent des titres aux riffs qui bastonnent et aux textes positifs. Ils transpirent la bonne humeur, l’optimisme, et nous font passer une très bonne heure. Qui a dit que le rock était mort ?

Fin de la première partie. Le temps de passer aux toilettes, recharger les godets, changer de cartouche d’encre, se remettre devant, à la gauche de la scène… et c’est reparti !

MONSTER TRUCK

Il suffit des premiers coups de guitare pour savoir qu’avec ces gars, originaires d’Ontario, on va voyager sur une route inondée de soleil, dans une vieille caisse vrombissante avec bières fraîches sur le siège avant, mèche au vent, et le fol espoir de prendre une fille joliment carrossée en stop…

Le chanteur-bassiste, Jon Harvey, et sa bande entament leur set avec « The Lion« , suivi du tubesque « Don’t Tell Me How to Live« . Ils vont, durant une heure et demie, enchaîner 15 titres blues-hard puissants, bruts, dont les très efficaces « She’s a Witch« , « True Rocker » et « Old train« … On imagine facilement ces morceaux joués dans des stades, en première partie de Alice in Chains ou ZZ Top…

Le coup de grâce se fera sur « Sworded Beest« … avant d’aller récupérer sa vieille Logan sous la pluie, les oreilles qui bourdonnent encore des hymnes de ces 4×4 rockers, qui en ont sous le capot !

 

 

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Fauché Fest à l’Albatros de Montreuil

Nous sommes en mai, un vendredi soir à Montreuil. Et dans ce contexte, on maudit le ciel de balancer sur nos têtes une pluie qui, ce soir-là jamais ne s’arrêtera… Mais ne soyons pas esclaves des sentiments dictés par la météo, et réjouissons-nous ! Car ce soir on écoute de la musique.

Le Fauché Fest organise cette année sa deuxième édition après trois ans d’interruption. Au programme : deux scènes où se retrouvent le temps d’un week-end, des groupes issus du Fauchage Collectif à l’espace Albatros de Montreuil. Lieu éphémère un poil cradingue installé dans un ancien studio de cinéma inauguré au début du XXe siècle, l’Albatros semble tout trouvé pour introduire les trouvailles du collectif. Dans une interview donnée au Mauvais Magasine fin 2018, Léo Lenvers, un des fondateurs du Fauchage, décrit ainsi sa démarche : « Faites de la merde, mais faites-la bien », il nuance plus tard, il n’y a « pas que de la musique second degré dans Fauchage ». Lu a posteriori des concerts, on trouve que Léo sait trouver les mots pour décrire l’identité de son association. Tous les projets musicaux cherchent chacun à leur manière, à saisir avec grand sérieux une sorte de délire furieux.

La première rencontre musicale se fait avec le Dr. Pââle. Homme-orchestre au caractère enjoué, ce musicien multi-instrumentaliste joue tout à la fois et rend seul l’énergie d’un groupe de hard rock aux teintes blues. En l’écoutant, on pense aux Whites Stripes, à Rage Against The Machine et à Santana… À la différence qu’ici ces influences s’entremêlent pour se retrouver dans des compos chantées en français. Parfaite entrée en matière, le personnage sait jouer en théâtralité et réussit à mettre à l’aise une salle qui, à 19h, est encore un peu refroidie.

Sans transition, nos membres échauffés se dirigent vers la seconde scène pour faire la connaissance du Clafoutis Club. Synthés, batterie, pads et boites à rythmes se rencontrent sur fond de diapos-vidéos absurdes (Macron qui se lance dans un petit breakdance à l’Élysée, visage de Thierry Lhermitte chevauchant un homard géant, etc.), pour un résultat mêlant synthwave 80’s, techno, house et textes second degré bêbêtes-mais-en-fait-pas-si-cons. Les trois loustics aux commandes – chemises enfournées dans pantalons serrés, vestes en tweed et cravates relâchées – font diablement penser à trois cadres tout juste sortis d’un conseil d’administration pour aller se poudrer le nez au Macumba le plus proche. On se marre bien, on danse beaucoup et on sort de là avec le sourire !

Le temps de remplir la pinte, de causer avec une population aussi enthousiaste que sympathique et on enchaîne avec Mor, troisième groupe au programme. L’excitation redescend légèrement et laisse place à une ambiance sombre et contemplative. De la même manière qu’on n’enfilerait pas la tête d’un renard empaillé autour de notre cou, on n’avait jamais pensé à mêler marasmes poétiques, beat trap et guitares métal… Mor fait les deux à la fois. Entre des interludes parlés où dans le fond chantonnent de petits oiseaux, les deux membres du groupe produisent avec une rage glaçante un son percutant et ténébreux. L’atmosphère angoissante formée par le duo aura de quoi rebuter les plus fragiles, mais on ne pourra s’empêcher d’admirer un projet à l’identité aussi forte et marquée.

Pour nous extirper de notre torpeur, le Fauché festival appelle Cyclikweetos aux machines. Scream, techno-stade aux pointes acides, Jungle et accents punk… Il semble que le trio ait décidé de rameuter toute la violence produite par la musique pour la décharger de nos oreilles à nos veines. Ça défoule et sans qu’on ait vraiment le temps de comprendre pourquoi, on se retrouve tous ensemble galvanisés par des synthés cosmiques, brutaux et des paroles scandées – toujours en français. Près de 40 minutes de set frénétique qui assurent une bonne suée.

Une suée qui sera la dernière de la soirée pour le rédacteur que je suis. Mais rassurez-vous ! Nicolas Barberon, votre dessinateur, est resté. Il m’a raconté.

En toute logique, le prochain groupe s’appelle Süeür. On y retrouve Théo Cholbi, jeune acteur et musicien de 27 ans, il produit sur scène un mélange rap, rock et punk. Accompagné d’une basse et d’une batterie Théo Cholbi scande dans deux micros des textes engagés et enragés.

C’est ensuite au tour des membres de Gargäntua qui s’introduisent avec le hit « Le démon du bord de mer », qui rappelle le second degré, l’ambiance et les déguisements des VRP et des Nonnes Troppo. Mais ici, c’est un duo qu’on retrouve grimé et vêtu de bures. Ces sortes de franciscains infernaux décrivent leur musique comme de la « chanson techno from France ». Les morceaux s’étirent et au milieu de leur prestation, le groupe fait monter son « grand champion », sorte de catcheur qui se dandinera sur l’un de leur morceau. Grand moment de spectacle.

C’est finalement avec Ceylon que le festival clôture sa première soirée. Leur son se place comme revival rock psyché 70’s. Leurs morceaux longs prennent le temps et nous emmènent tout autant dans des influences prog’ de la même époque. Ses cinq membres, une chanteuse, deux gratteux, un bassiste et un batteur installent une ambiance de voyage intérieur et de nuit humide. La voix de la chanteuse transporte, mais malheureusement les pérégrinations sont interrompues rapidement et l’heure avancée rappelle à la pensée du dernier métro qui devra nous mener à nos pénates. On se rattrapera à leur prochain concert à Malakoff (92), au Beat and Bear le 5 juillet.

On quitte l’Albatros, un peu triste de s’en aller si tôt. La pluie, elle, est toujours là.

– Texte : Yann Quélennec /// Croquis : Nicolas Barberon

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BOKOSSA /// GHOST /// METALLICA au Stade de France

Stade de France. Dimanche 12 mai 2019

Après une petite heure d’attente et de bonnes discussions avec mes voisins de file, la porte H du stade de France s’ouvre enfin et c’est grisé par l’appel du gros son que je monte d’un pas léger et vaillant les marches de l’édifice. Cette enceinte qui, quatre ans plus tôt, nous avait offert ce mémorable concert d’AC/DC que nous évoquons encore entre nous quand la neige tombe l’hiver et que nous nous réchauffons au coin du feu en fumant la pipe.

Léger donc je suis, et l’attente commence… Mais au bout de vingt minutes je me fais de nouveaux amis : il est comme ça le public métaleux, ouvert et sympathique, prêt à échanger et rigoler ! (bon c’est pas les derniers à picoler non plus !). Du coup l’attente est moins longue et chacun y va du concert qu’il a vu ou qu’il aurait aimé voir et nous voilà tous en train de nous monter la tête, la pression monte et le premier groupe arrive sur scène.

BOKASSA (les chouchous de Lars Ulrich à l’heure actuelle) est un groupe norvégien de métal / stoner machin truc, je m’y perds avec tous ces blazes, formé en 1994 (pas si jeune en fait les gars) et originaire de la ville de Trondheim (tiens ça me parle ça).
Un bon petit concert péchu et bien énervé qui me dit que le Hellfest c’est dans un mois et que je les verrais bien jouer dans la warzone (mais peut-être c’est-ce déjà produit ?). Le hic, c’est qu’ils restent dans le fond de scène et qu’ils me paraissent tout petit les gars et pourtant je suis près du snake pit (avant scène), j’espère que Metallica s’avancera un peu plus.

Et il fait encore jour quand GHOST (groupe suédois formé en 2006 par son chanteur Tobias Forge) fait son apparition et malgré ce handicap, (car ce groupe nécessite de l’obscurité pour installer pleinement son univers gothico-fantastique) le show est tout simplement royal ! Les musiciens et musiciennes, tous masqués et vêtus de noir dégagent quelque chose d’étrange, comme une armée d’Angelos surnaturels venus scander leur musique issue d’un autre univers. Et quels zicos ! ça joue super bien et la chorégraphie, non sans humour, est parfaitement huilée avec ces allers et venues sur l’avant scène. Tobias Forge, quant à lui, avec son visage grimé de vieux sorcier, n’est pas avare d’échanges avec le public, ce qui rend son personnage attachant et charismatique.
Les titres phares du groupe s’enchaînent pour notre plus grand bonheur, mais l’heure tourne et il est clair que Ghost en avait encore sous le pied quand le spectacle cesse… Mais il est temps de laisser la place à un autre monstre, plus gros car la nuit va bientôt tomber.

Le son monte et c’est le morceau « It’s a long way to the top » d’AC/DC qui crache dans les enceintes comme un hommage à Malcom Young me dis-je…

Et ça y est , nous y voilà ! METALLICA ! Le mur scénique s’illumine de trois écrans format cinémascope diffusant la fameuse scène finale du « Bon, la brute et le truand » sur l’air d’Ennio Morricone « Ecstasy of gold ». L’image tréssaute mais le son est là et le public bouillonne.
Puis le groupe démarre le show sur « Hardwired to self destruct » , titre phare du dernier album et c’est la cohue dans la fosse (comme souvent) mais ça se calme bien vite car les titres qui suivront seront plus lents, dommage ! ( « The Unforgiven », « Memory remains » qui selon moi n’avaient pas leur place ici, trop tôt). Mais le feu reprend de plus belle avec l’excellent « Moth into the Flame » puis « Sad but true ». Comme pour Bokassa, ils jouent trop en fond de scène, du coup ils sont tout petits, fuck ! Mais heureusement qu’un peu plus tard durant le show, une deuxième batterie fera son apparition sur le snake pit, juste devant nous pour que Lars s’y installe tout sourire (enfin nous le voyons !) et c’est les uns à côté des autres qu’ils nous délivreront ce qui restera pour moi le clou de ce concert : un enchaînement des titres cultes comme « From whom the bell tolls », « Creeping death » et « Seek and destroy » ! Hellyeah quel bonheur ! La proximité du groupe et la puissance de ces morceaux combinés me rappellent aux bonnes heures sauvages de ce je m’imaginais être à leurs débuts dans un petit club quelque part dans Los Angeles. « One » et « Master of puppets » furent aussi de la partie durant le concert, bien entendu.
N’en déplaise aux puristes, c’est avec une reprise inattendue de « Ma gueule » de Johnny Hallyday (dont la photo apparaîtra ensuite en fond de scène) interprétée par Robert Trujilllo (quelle voix !) et Kirk Hammett à la gratte que nos lascars vont faire un pas de côté et nous faire sortir pour un temps de l’ambiance Metallica.
Un hommage à Cliff Burton (bassiste des premiers albums décédé en 1986) sera également à l’ordre du jour lors d’un solo mémorable de Robert, seul en scène.
« Nothing else Matter » et « Enter Sandman » viendront clôturer le concert puis ce sera distribution ou plutôt « balançage par poignées entières » de médiators et petits mots au micro de chacun des membres du groupe pour nous dire « Paris on vous aime et on reviendra ».

Le mur scénique se rallumera ensuite pour diffuser des images prises à la volée de fans faisant la queue, rencontrant leurs idoles en coulisses ou encore d’instantanés du concert : le fan service est en marche et Metallica est très pointilleux là-dessus !
Et comme dit James : « We are the Metallica family ! »

So long les gars et maintenant place aux croquis !

– Texte et  croquis : Olivier Martin

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Radio Elvis au Trianon

Trianon (Paris 18) – 4 Avril 2019.

Radio Elvis : musique entraînante et parfois déconcertante, du vrai bon rock français, paroles cryptiques et poétiques (quoi que plus accessibles sur le second album).

Radio Elvis, ça fait un peu groupe de rock à lunettes. C’est pas très juste pour le batteur, qui n’en porte pas. Mais il avait mis une chemise cravate trop courte.

Bref, Radio Elvis (que mes pouces contrariants veulent toujours renommer Rafiot Elvis) c’est The IT Crowd de la scène française.

D’ailleurs, là, le trio s’était adjoint un clavier : eh ben paf ! un binoclard. À se demander s’ils ne l’ont pas casté là-dessus. Si ça se trouve c’était des fausses, ça se fait beaucoup. Ça donne un charme.

Pour en revenir au concert, eh bien j’étais dessous. Le charme, je veux dire. Sous le charme quoi. Les morceaux s’enchaînent naturellement, les transitions parlées sont parfois maladroites (c’est pas très écrit… je me dis que ça mériterait de coacher les artistes pour qu’ils sachent quoi dire entre deux chansons, on devrait monter ce genre de service : “toptransition” vous aide à dialoguer avec la foule…).

Le tubesque Les Moissons tombe au milieu du concert. Enfin je crois que c’est le titre. Pour moi c’est le titre qui fait “olaolaola RapTap ralentis un peuuuu”.

Comme je suis un peu handicapé de la musique, je vais avoir du mal à donner une analyse fine de la performance, mais en tout cas, il y a de la joie, sur scène et dans la salle. Le Trianon était plein mais pas blindé, ce qui est mieux, enfin en tout cas pour moi qui dessine et m’évite d’être bousculé.

Les jeux de lumière sont vraiment beaux, mais j’y vois pas grand chose alors mes croquis sont tout gribouillés… derrière la scène les initiales du groupe, luisant de milles feux, surplombaient le batteur surplombant lui même le reste du groupe.

D’ailleurs, quant à cette scénographie, je me dois d’être sévère.
Car c’est là le seul reproche que l’on puisse faire à ce concert, je vais pointer sans détour un vrai problème dont je sais qu’il a gêné beaucoup de gens dans le public.

En général, on ne dit pas ces choses aux artistes, qui sont des gens sensibles et parfois susceptibles. Mais comment progresser si personne ne vous dit rien ?
Alors voilà, je me dévoue, au risque de me mettre à dos ce trio que j’adore. Mais peut être qu’au contraire, loin de m’en tenir rigueur, ils en tireront la leçon et lors d’une prochaine victoire de la musique ou d’un Emmy Award-World Music, le trophée à la main, ils glisseront un  merci nominatif que je recevrai d’un air gêné, ce n’est rien, voyons, tout le monde en aurait fait autant a ma place…

Ou pas.

Enfin voilà. Tout aurait été parfait si… (je vais être cruel et je m’en excuse par avance)… si le sigle R/E avait été correctement interlettré. On a sûrement essayé de trouver des justifications (c’est le cas de le dire… clin d’œil graphiste ‘wink wink’)… certains diront que c’était pour qu’on voit mieux le batteur… fariboles ! il suffisait de mettre les lettres plus haut…
Cet espacement déséquilibré n’a pas été  loin de me gâcher le moment et j’ai vu plusieurs personne qui ont pleuré, l’œil probablement fatigué par la chose.
Seule ma force de volonté m’a permis de nier cette aberration graphique, l’effaçant telle une comic sans ms sur la devanture du coiffeur « Tif à L’Hair ».
Mais enfin… Radio Elvis reprenez vous !

Ola ola ola !
(Rap Tap)
Resserrez un peuuuu.

Sans compter que cet interlettrage plus qu’approximatif envoie de façon subliminale le mauvais message. Là, le R parfaitement détaché du /E suggère un probable split du trio, Radio allant faire son album solo, tandis que Slash et Elvis restent condamnés à reprendre les morceaux du groupe dans des festivals d’écoles de commerce. Vous imaginez ?

Voilà. Je sais qu’en pointant la chose cliniquement, je ne vais pas me faire que des amis, mais mon intégrité est à ce prix. Puisse Radio Elvis se remettre de cette critique que j’espère constructive même si rude.

Sinon, c’était formidable.
Merci les gars.

– Texte et croquis : Wandrille

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